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WAR WITH W.S.

Complot illuminati (2)

Publié le 24 Septembre 2012 par Lapinos in complot illuminati jacques ellul

Complot illuminati (2)

Les théoriciens du complot illuminati trouveront un appui scientifique dans la thèse de Jacques Ellul intitulée "Subversion du christianisme". Celle-ci met notamment en lumière l'étrange éclosion d'une culture juridique au sein du christianisme, bien que ses écritures et prophéties proscrivent sans équivoque une telle culture, selon la formule fameuse du Messie : "Le royaume de dieu n'est pas de ce monde."

Cette sentence est doublée de l'injonction de ne pas servir deux maîtres à la fois - dieu et le monde. Au service de ce dernier se mettent les magistrats ou les hommes de loi, montrés dans la prophétie chrétienne comme un des trois fléaux, un cavalier noir, tenant dans la main une balance, instrument qui sert dans les cultes juridiques païens à soupeser les âmes.

Noir le cavalier, car la justice des hommes implique un dieu providentiel (celui-ci même, cher aux géomètres, désigné comme un "grand architecte" du monde), ou encore des institutions possédant cette vertu religieuse, promue non seulement par un clergé de soi-disant "chrétiens" (mais aussi de soi-disant "libertaires", qui s'accommodent curieusement d'une science juridique omniprésente, ce qui permet de traduire leur aspiration à la liberté, ainsi que Shakespeare le fait, comme un désir incestueux).

Or, la grâce ou la providence des cultes païens s'accommode du destin et de la mort, en parfaite opposition avec l'esprit de sagesse chrétien, qui incite "a contrario" à combattre la mort comme l'effet du péché. De sorte que le chrétien authentique n'attend rien du mécanisme juridique et de la grâce occulte, incitative à la passivité face à une nature, démoniaque et qui n'accordera jamais mieux, en termes de droit, que la bonne santé à ses sujets. D'où la couleur noire du cavalier. La lumière, le feu vital, anime, mais c'est pour mieux carboniser ensuite la chair.

Dès la Genèse du prophète Moïse, la sagesse ou la science, représentée par l'olivier, est opposée à la morale ou l'éthique, signifiée par le figuier. J. Ellul peut justement affirmer que dieu, par l'intermédiaire du prophète Moïse, introduisit l'histoire dans le monde, car l'histoire est le b.a.-ba de la conscience scientifique, étouffée par le millénarisme juridique nazi ou démocratique, puisqu'elle souligne le fondement de l'éthique ou de la morale sur le paradoxe, raisonnement dont les hypocrites s'accommodent beaucoup mieux que les savants. L'épître de Paul aux Romains, à propos de l'olivier, élucide l'élection des gentils, c'est-à-dire des non-juifs : la porte étroite du salut et de la connaissance est réouverte en dépit des pharisiens qui l'avaient refermée. Tout un chacun peut désormais choisir de se soumettre au destin, ou au contraire d'y résister ou de le combattre suivant l'esprit de dieu. L'attentisme des pharisiens dissimulait mal qu'ils faisaient la sourde oreille à Isaïe, annonçant la venue du Messie, et qu'ils n'ont pas pu ou voulu reconnaître comme tel. L'avertissement de Paul à ceux qui ont bénéficié de cette élection secondaire, c'est-à-dire à tous les hommes, est de ne pas rester sourds à leur tour aux prophéties chrétiennes et répéter ainsi l'erreur fatale des pharisiens de se croire "arrivés".

Aussi atroce et marquée par le péché soit la condition humaine, l'homme est physiquement déterminé à s'en accommoder. Le plus utile de la part d'Ellul dans "Subversion du christianisme" est le rappel que le complot est le penchant le plus naturel de l'homme. Certainement celui qui a l'argument éthique à la bouche, c'est-à-dire la fornication quand il s'agit de la morale pure, ferait mieux de se couper la langue : car il se souille ainsi, et se souillant il souille autrui. Insidieusement il prône la folie au lieu de la sagesse ; pour parler le langage moderne, on pourrait dire "inconsciemment", puisque l'inconscient n'est autre que le principe d'accoutumance collectif à la folie, dont la principale fonction, historiquement, est de permettre aux élites de se justifier tout en manipulant les foules ; c'est ce qui explique la permanence de l'inconscient dans un monde totalitaire qui a la prétention de se diriger selon la raison. Si la démocratie était autre chose qu'un millénarisme grossier, une tromperie universelle, elle chercherait à lutter contre l'inconscient, au lieu, comme elle fait, de tenter en vain de se raffermir grâce à lui, et de faire la plus grande part au rêve, argument essentiel du viol et du pillage, selon les méthodes anciennes, ou celles plus modernes de la science juridique.

- On sait que pour les païens identitaires, ou plutôt mieux vaut dire les néo-païens, car leur raisonnement porte la marque de la subversion du christianisme, le judaïsme ou le christianisme ne sont pas scientifiques, mais tout au contraire, reposent sur l'intime conviction. Soit, dans ce cas il faut qu'il nous explique d'où vient que, dans la culture démocratique ou moderne, l'art et la science sont complètement disjoints ? A quoi sert l'art, s'il n'a pas une vocation scientifique (c'est-à-dire la musique), si ce n'est à fonder la religion, et justement cette foi religieuse intime qu'on appelle l'espoir ? Et encore, comment expliquer ces "comités d'éthique scientifique" ? Ils constituent l'aveu d'une opposition à la métaphysique, non pas expérimentale, mais partant d'un argument moral, c'est-à-dire religieux. Et ils supposent aussi une hypocrisie extraordinaire dans l'histoire, puisque l'Occident moderne fait état d'une éthique qui, très loin d'encadrer quoi que ce soit, reflète son évolution économique.

Et puis, comme dit l'athée G. Orwell, si les statistiques sont une forme de mensonge moderne, particulièrement apprécié des sociologues et des économistes afin de berner les foules, pourquoi ne pas dire que ce type de mensonge est "religieux", si ce n'est pour redoubler la ferveur religieuse, ajoutant ainsi aux vieux principes de la technocratie égyptienne, une dimension de falsification qu'elle n'avait pas ? La dissimulation de l'ésotérisme derrière l'argutie rationaliste, c'est précisément cet aspect qu'il n'est pas faux de qualifier de "complot illuminati".

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