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Ordre moral républicain

Publié le 10 Septembre 2012 par Lapinos in michel onfray laïcité nitche heidegger hegel luthéranisme, péché originel éthique

Ordre moral républicain

Comme je ne cesse de le répéter depuis des années, le nazisme est un système de valeurs républicain ordinaire. Seul un négationniste peut faire croire que les valeurs nazies sont la cause du dernier conflit mondial.

Ce n'est pas l'histoire qui est enseignée par le personnel républicain, mais l'éducation civique. Celle-ci consiste principalement dans le blanchiment des valeurs républicaines, à l'aide du nazisme, faisant office de repoussoir. De même que l'Etat israélien invente une identité juive contre les prophètes juifs, la République française blanchit les valeurs républicaines au détriment de l'histoire. Est-ce un détail de l'histoire que le judéo-christianisme serve aujourd'hui à justifier une politique impérialiste occidentale sans aucun rapport avec Moïse ou Jésus-Christ ? Je ne vais pas trancher la question de cette étonnant amalgame judéo-chrétien et de son symbolisme et ses discours de kermesse, mais quoi qu'il en soit c'est un viol des consciences, de matraquer sur toutes les ondes de radio et de télévision des mensonges comme des vérités. Les premières victimes sont les jeunes générations, et les plus vieilles s'assurent ainsi leur mépris.

Si la culture républicaine française n'est pas nazie, il faut qu'on nous explique pourquoi ses pontifes, chargés de l'instruction morale du peuple, ne cessent de se référer à l'éthique nationale-socialiste de Hegel, Heidegger & cie, au point que le bonimenteur Sartre, philosophe-ludion, a sa statue en plein Paris, comme si la capitale des Français avait tenu à conserver, après que l'armée allemande tourna les talons, l'idéologie éthique allemande.

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Quant à la référence de Michel Onfray à F. Nitche, elle est consternante, puisque ce moraliste ne fait qu'exprimer la nostalgie du temps où sa caste de junker régnait sur le monde paysan. Quant à la neutralité religieuse, on sera bien en peine de la trouver chez un philosophe qui exprime ouvertement sa haine des anarchistes et des chrétiens, en raison de leur manque de considération pour les valeurs morales. M. Onfray se paie la tête du peuple en lui faisant croire qu'il est aliéné en 2012 par le luthéranisme, rejeté par Nitche.

- La restauration de l'ordre moral laïc républicain, au goût du jour sous la plume de brillants éditorialistes appointés par les cartels industriels, paraît une plaisanterie. De quelle éthique veut-on parler ? De celle du ministre qui plaide "Responsable, mais non coupable ?", avant de revenir au premier plan après quelques vacances, pour donner des leçons de droits-de-l'hommisme au monde entier. De la morale des journalistes qui s'indignent de la dictature dans les pays où ils passaient naguère leurs vacances ? De la morale des professeurs de l'Education nationale qui ont livré les gosses à la société de consommation et pratiqué un négationnisme historique systématique ?

- Les théoriciens de l'ordre moral le scindent habituellement en deux parties : la première définit l'ordre des choses pratiques ou des moeurs courantes - nourriture, sexualité, travail, etc. Dans ce domaine, fondée sur le même argument réactionnaire que l'éthique nazie, la morale républicaine s'est avérée inapte à empêcher le modèle de la concurrence capitaliste ou du "libre-échange" de s'imposer dans tous les pays capitalistes.

L'ordre moral républicain a même fait pire que de s'opposer aux moeurs libérales et à la frustration qu'elles engendrent dans les milieux populaires. L'ordre moral républicain a inventé un registre de la morale "pure", c'est-à-dire la plus virtuelle et qui correspond à ce que Marx qualifie "d'opium du peuple" ou Louis-Ferdinand Céline de "refuge des lâches". Au lieu d'aiguiser l'esprit critique du peuple, l'élite morale a excité en lui le goût du divertissement et de la rhétorique culturelle insane de trissotins qui parlent à moitié allemand sans le savoir. En bref, elle a flatté le peuple pour mieux le faire cocu, ce qui est le b.a.-ba des régimes totalitaires et de leurs chantres pédérastiques.

- Dernier point : il paraît qu'il existe en Belgique un enseignement obligatoire de morale non... confessionnelle !? C'est sans doute de l'humour belge de vouloir faire croire que la morale peut être "non confessionnelle". Encore un coût pour berner les gogos.

Mettons les choses le plus au clair à propos de l'éthique, terrain où l'ombre et le brouillard règne autant que sur les marécages : il n'y a pas dans le christianisme de morale possible : c'est même un argument récurrent des païens, ayant pris la peine de se renseigner sur le christianisme, pour s'opposer à lui. C'est un scandale moral que Jésus-Christ a déclenché chez les juifs qui l'ont assassiné, d'autant plus grand que Jésus-Christ indique que le plan éthique des pharisiens n'est pas conforme aux prophéties des juifs. Voilà donc au moins une "confession" dans laquelle le discours éthique est impossible au point de constituer la négation du péché originel (l'existence de cultures chrétiennes ou de discours éthiques chrétiens au cours de l'histoire de l'Occident signifie tout simplement la paganisation du christianisme au contact de cultures païennes, pour des raisons étrangères à l'esprit du christianisme).

Quant aux religions païennes, elles ne sont pas toutes aussi profondément morale que celle du néo-païen Nitche, qui touche quasiment au pur stylisme. Elles ne dissimulent pas forcément que la défense de la propriété est la pierre de touche multiconfessionnelle de tous les discours éthiques. Ce motif fonde la morale pratique, auquel se superpose la morale pure ou mystique, comme un élément décoratif et destiné à favoriser l'assentiment à une morale commune de tous ceux qui ne sont pas, ou peu, propriétaires.

De sorte qu'il faut non seulement être Belge pour prôner un ordre moral "non confessionnel", mais qu'il faut en outre être un tartuffe de première bourre.

Le niveau moral de l'Occident actuellement, notamment de frustration intensive et quasiment de moeurs sado-masochistes au sein des générations les plus jeunes, reflète l'état et la nature de la propriété capitaliste. De sorte que la faillite du système économique libéral entraînerait "ipso facto" un changement d'ordre moral ; de même la confrontation entre l'ordre moral républicain et l'ordre moral musulman résulte de ce que ceux-ci sont originaires de pays qui n'ont pas encore effectué de révolution industrielle et n'ont pas connu ce type d'esclavage, comme les peuples européens.

Les flics de la pensée laïque républicaine feraient donc mieux de rengainer leur ordre moral de service. Il n'a aucune chance d'opérer. Et il y a en outre de grandes chances que les jeunes générations, quelles que soient leur confession, ne répondent à cette tentative de restaurer l'éthique par des sarcasmes. J'ai souvenir étant plus jeune de Jean-Pierre Chevènement, parangon de morale laïque républicaine, trahissant l'Irak avec qui la France avait passé des accords commerciaux, au profit d'une alliance plus lucrative. Je me souviens d'avoir été étonné que ce type ne bouffe pas son chapeau ou prenne la ciguë. J'ai relu le "Tartuffe" de Molière et j'ai compris en quoi consiste l'éthique républicaine, matière qu'on est sûr de voir systématiquement brandie par des cyniques ou des imbéciles.

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