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Shakespeare dévoilé

Publié le 3 Septembre 2012 par Lapinos in shakespeare francis bacon verulam, martin luther, lollards, grays inn

Shakespeare dévoilé

"Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je suis venu apporter, non la paix, mais le glaive." (Matth. XI, 34)

Dans l'enfer de la civilisation, le chrétien conçoit le progrès spirituel de l'individu comme un combat sans trêve. Dans Hamlet, on reconnaît facilement ce chrétien, et dans le château d'Elseneur, la civilisation, son odeur de cadavre.

- L'ordre des Chevaliers au casque invisible :

Cette confrérie de savants*, sous le patronage de Pallas-Athéna, semble partir de "Gray's Inn" (manoir qui fut la propriété de Francis Bacon Verulam). L'intérêt pour la mythologie antique, de la part des chrétiens, est très rarement compris et interprété comme il faut. Francis Bacon est l'auteur d'un livre, "La Sagesse des Anciens" (1609), dans lequel il passe par l'élucidation des fables antiques afin de fournir une nouvelle explication des mythes juifs de l'Ancien Testament écrits par Moïse, divergente des explications médiévales.

Par de médiocres historiens, la Renaissance est souvent traduite comme un courant artistique païen, alors même que l'anticléricalisme et l'antimonachisme des meilleurs humanistes ou artistes de la Renaissance s'appuient sur le reproche visant les clercs chrétiens ou les universités de véhiculer la religion ou la philosophie païenne. Le théâtre de Shakespeare grouille ainsi de personnages qui sont les cocus de la culture médiévale chrétienne. Tandis que de nombreux aphorismes de Francis Bacon Verulam fustigent l'ignorance des clercs et leur goût pour les vaines spéculations.

Le mobile de la discrétion des "chevaliers au casque" n'est pas difficile à deviner, dès lors qu'on a compris qu'il n'y a pas de propos plus moralement ou politiquement incorrect dans la littérature occidentale.

Pour le besoin de l'ordre social, dit en substance le théâtre de Shakespeare, fait pour provoquer la catharsis du lecteur, le clergé chrétien a ourdi une culture mieux faite pour accomplir le voeu de Judas Iscarioth que celui du Messie, son commandement de fidélité et confiance dans l'Esprit.

Il est probable, par ailleurs, que les "chevaliers casqués" ont tenu compte de l'échec rencontré par Martin Luther ou celui des "lollards" anglais.

- William en anglais, Wilhelm en allemand et Guillaume en français dérivent du mot "helmet" (= casque). Il semble que Francis Bacon ait été le chef de cette petite confrérie secrète, à laquelle Anthony Bacon, son frère, et Tobie Matthew ont certainement appartenus, et peut-être les ducs d'Oxford, Southampton, Derby, Pembroke et Montgomery.

- On retrouve l'esprit de la science de Bacon dans toutes les pièces de Shakespeare, et notamment le propos, que les profanes ne comprennent pas toujours, d'un esprit chrétien pur de tout plan éthique, et pour cette raison tourné vers la science.

Bien avant Karl Marx, Francis Bacon met en cause l'étrange alliance de la science et de l'éthique, dans lequel sa connaissance du monde antique lui permet de reconnaître le principe essentiel des régimes théocratiques. Bien avant Karl Marx, Francis Bacon a anticipé le totalitarisme moderne, et le plan inconscient qui l'entretient.

Quatre des pièces du premier tome de l'édition originale des pièces de Shakespeare clament la paternité de Bacon : "Peine d'amour perdue." (= la croyance que la sexualité ou le travail rend libre est une vaine illusion païenne), une des premières, "Jules César", "Coriolan" et "La Tempête", au contraire parmi les dernières du "folio".

D'abord, Bacon a été le seul écrivain anglais d'importance admis à la cour de Navarre lorsqu'il a séjourné en France dans sa jeunesse.

Ensuite c'est le seul membre de la Chambre des Communes ayant assez de connaissances juridiques et philosophiques pour écrire une version de Coriolan dérivée de celle de Plutarque. Troisièment la "Tempête" (comme la "Nouvelle Atlantide", signée Bacon) paraît directement liée à l'implication de F. Bacon dans la "Virginia Company" (projet de colonisation anglais de la Caroline du Nord). Francis Bacon est le premier savant à avoir énoncé la théorie de la dérive des continents à la suite d'un cataclysme, et le mage de la "Tempête", corrige sa fille quand elle parle de "nouveau monde" en parlant de l'Amérique ; pour Bacon, il ne s'agit que de la redécouverte de l'Ancien Monde "au-delà des colonnes d'Hercule".

Peu d'auteurs supposés du théâtre de Shakespeare, que la mise à jour d'une théologie subversive d'une grande cohérence dans l'oeuvre du tragédien incite à rechercher, offrent autant de points de concordance que Francis Bacon. Seul Christopher Marlowe, qui étudia à Canterbury et Cambridge, présente comme Bacon des ressemblances avec Shakespeare, une inspiration semblable comme le releva Goethe. Le Dr Faustus ressemble beaucoup à Iago ou Richard III. Mais on ne sait pas grand-chose de Marlowe, dont la célébrité en tant qu'écrivain est entièrement posthume, aucune pièce n'ayant été attribuée à Marlowe de son vivant.

- La différence des styles de Shakespeare et Bacon, argument invoqué parfois pour dénier la paternité de Bacon, traduit l'ignorance que le style est une notion moderne, dont ni Shakespeare ni Bacon ne relèvent, et qui n'a de sens que selon l'approche déterministe, quasiment biologique, de la critique d'art du XIXe siècle. On entend d'ici Shakespeare répliquer que les mauvais artistes qui se soucient du style feraient mieux de se changer en pots de chambre, faisant ainsi oeuvre plus utile.

(note partiellement inspirée de www.sirbacon.org)

*Rien dans les écrits de Bacon ne permet à l'ordre de la "Rose-Croix" de se réclamer du savant anglais ; si la franc-maçonnerie, comme le nazisme ou l'ésotérisme alchimique se réclament parfois des mystères égyptiens et du zodiaque, on ne peut trouver dans les écrits de Bacon que la réfutation d'un tel idéal au nom du christianisme.

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