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WAR WITH W.S.

Hors-la-loi

Publié le 2 Septembre 2012 par Lapinos in loi christianisme thomas d'aquin égypte babylone

Hors-la-loi

Les chrétiens sont hors-la-loi. Cela explique la grande difficulté du clerc Thomas d'Aquin, en sa "Somme théologique", à justifier le système judiciaire ou légal.

Dans les cultes juridiques égyptien ou babylonien que le judaïsme, puis le christianisme, ont rendus caducs (ainsi que ce docteur catholique romain ne pouvait l'ignorer), les lois humaines, dérivées des lois naturelles, fondent un rapport ambigu entre la nature, divinisée, et les hommes.

Autant dire que, "déniaisés", les cultes païens antiques, contrairement à leurs reviviscences modernes ne se dissimulaient pas que la nature, généreuse quand elle procure la vie, peut aussi bien se montrer terrible quand elle ôte ce qu'elle a donné, de surcroît dans de grandes souffrances. Ainsi l'aspect du viol dans le mariage, rituel païen essentiel, n'était pas occulté au profit des niaises sérénades du néo-paganisme hollywoodien. Abnégation et paganisme sont indissociables, et le masochisme des nazis ou des Japonais est parfaitement rationnel, au sens où les religions païennes impliquent l'acceptation du destin.

Autrement dit l'alliance des religions païennes avec la nature est "pour le meilleur et pour le pire". La banalité du mal est consacrée. L'orgueil de croire que l'homme peut entamer un bras de fer avec la nature relève de la religion moderne. A l'inverse, bien qu'ils soient soumis à la nature, tantôt vertueuse, tantôt cataclysmique, les cultes juridiques permettent de cimenter les institutions humaines, en fondant une foi et une raison sociale, contrairement au christianisme. Le chrétien voit dans la nature "Satan", d'une manière générale, c'est-à-dire la cause des cultes juridiques, et plusieurs sortes de démons différents derrière Satan. Le dieu des chrétiens contredit les lois de la Nature.

On se situe là à la croisée des chemins. La trahison de Jésus-Christ, officielle, latente, consciente ou inconsciente, la trahison de Judas l'Iscariote, toutes les sortes de trahison, viennent de ce que le message évangélique est "hors la loi".

Pour le chrétien, il est vain de "vivre pour vivre", et se soumettre ainsi à l'ordre naturel qui est le mieux fait, ou le moins mal fait pour ça, qui ordonne les civilisations de façon plus ou moins éthique ou esthétique en fonction de leur âge.

Pour les suppôts de Satan, au contraire, assumés ou désireux d'une protection sociale seulement, il est fou de ne pas se soumettre à l'ordre social ou à la justice des hommes (représentée dans l'apocalypse chrétienne comme un fléau -le cavalier noir-, émanation de la "bête de la terre"). Hormis quelques antichrist originaux, dont Molière a fait le portrait dans Don Juan, suppôts qui ne reculent pas devant la mort et n'ont pas peur de défier la société. Artistiquement ils sont justifiés : la civilisation n'est qu'un codicille de la Nature. Celle-ci est la vraie maîtresse, et à la fin elle reprend tous les droits.

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